Venise rococo
L'art de vivre dans la lagune au XVIIIe siècle
Massimo Favilla, Ruggero Rugolo
Au début du XVIIIe siècle, Venise ne se présente plus comme le théâtre de la grandeur baroque.
L'excès et l'emphase s'apaisent : un registre plus détendu s'affirme, déterminé par le bon goût de l'esthétique rococo, qui troque le faste et la surabondance contre une inclinaison pour les petites choses.
Les teintes aussi s'éclaircissent : de la blancheur éblouissante relevée d'ors des stucs on passe aux tonalités pastel douces et reposantes. L'esthétique rococo induit un renversement des termes comme des valeurs : ce qui était minuscule devient grandiose.Qu'il s'agisse des extérieurs ou des intérieurs de la ville, Venise à cette époque a rejeté le masque du mythe, pour arborer ses véritables traits " humains ".
C'est un siècle qui fixe le visage de la ville par le biais du pinceau de Canaletto et qui, dans les toiles de Pietro Longhi et les comédies de Carlo Goldoni, surprend la noblesse, ainsi que la bourgeoisie et le peuple, dans leurs attitudes quotidiennes.Pour autant, ce n'est pas une époque uniforme : si d'une part elle se perd dans les cieux infinis de Tiepolo, d'autre part elle s'attarde sur les décolletés des religieuses immortalisées par Francesco Guardi. Grâce à une campagne de prise de vue et une iconographie spectaculaires, les auteurs font découvrir au lecteur un Venise différent qui ne se cantonne pas aux images suggestives de de Tiepolo et Canaletto mais s'élargit aux lieux cachés et fascinants de la vie culturelle et sociale de l'époque.


